Petites rencontres avec le Diable : Partie 1 – Lea

Je l’ai déchirée…

je l’ai déchirée la ptite, j’ai bien vu dans ses yeux qu’elle y croyait pas. J’ai bien vu qu’elle m’avait reconnu, mais là, elle en a eu la certitude.

J’aime bien prendre des formes terrestres. C’est amusant. La possession, c’est drôle, mais au bout d’un moment, c’est fatigant. Passer d’un corps a l’autre, posséder les âmes, c’est d’un banal, d’un commun, d’un ennui mortel.

Au moins en prenant forme humaine, je n’ai pas à me soucier des limitations corporelles et intellectuelles que m’impose le corps. Je suis, tout simplement ; Là, pour le coup, je m’étais fait un corps normal, ni trop gros, ni trop mince, ni trop musclé, ni trop gringalet, ni trop grand, ni trop petit.

Des cheveux bruns, mi-longs, une taille moyenne, des yeux marrons, mais un regard de braise quand même, faut pas déconner. un look normal, jean-docs-cuir noir, bref assez passe-partout. Et puis je me suis pointé au Black Dog, à Paris, un repaire de métalleux et de Goths en tous genres. C’est là, que je l’ai trouvée. Ma ptite Gothique , ma Proie.

J’aime bien les p’tites nanas gothiques, elles sont sexy, bien plus que les blondasses écervelées qui hantent le H&M des Halles, a deux pas de là.les « m’as-tu vu? », les D&G, les bling-bling, les dépourvues d’identité pour qui la personnalité est une histoire de mode. Les Gothiques, c’est la certitude de passer un bon moment. En tous cas, pour moi, parce que pour les non-initiés, ceux qui pensent que c’est parce qu’elles portent des corsets et autres portes-jarretelles qu’elles sont des vicelardes, ceux là se trompent. Elles sont tout sauf ça.

Celle là, je l’avais repérée à ses yeux noirs. j’avais vu au tréfonds de son âme sombre, la servante du Maître, celle qui se donnerait corps et âme pour son Prince. J’avais lu en elle, la douleur, la peine, la souffrance, l’envie, la luxure, la paresse, tout le reste, tout ce qui constitue mon fonds de commerce. J’avais sondé chaque recoin de son cœur pour y trouver des moments d’une rare intensité, d’une noirceur extrême, passant de son enfance en banlieue parisienne, de petite fille gâtée, au divorce de ses parents suite au décès de son frère ainé dans un braquage d’épicerie qui avait mal tourné. Elle s’était réfugiée dans le « Dark Side », là où les autres ne te regardent pas de travers pour ton look, ta tristesse, ou ton adoration de la mort. Là où nul ne te juge.

Sa grande différence résidait dans le fait qu’elle aspirait vraiment a rencontrer la Faucheuse. Elle l’appelait, l’invitait à venir la chercher, elle n’en pouvait plus de souffrir dans ce corps trop étroit pour contenir tant de douleur. Elle voulait me rencontrer ; Et elle me rencontra.

J’ai tout de suite vu qu’elle m’avait reconnu. J’avais commandé une bière, je scrutais la salle, et nos regards se sont croisés. Elle su. Elle fit mine d’aller se chercher un autre verre au bar pour venir se poser juste à coté de moi, en attendant que le barman chauve et tatoué la serve. Juste à coté d’elle, je sentis son frisson, son excitation d’être à coté du Maître. Je sentis son sang affluer dans sa poitrine, son pouls s’accélérer, son coeur s’emballer dans un fracas qui me faisait mal aux oreilles.

Mentalement, je lui murmurai un bonjour.

Elle tourna la tête vers moi, comme affolée et sceptique. Je lui souris, et je lui demandai , toujours mentalement son prénom. Elle laissa passer une bonne minute de silence entre nous, cherchant dans mes yeux quelque chose pour se raccrocher dans sa chute abyssale d’incompréhension.

Elle articula difficilement un Léa ou un truc comme ça. De toutes façons, qu’est-ce que j’en avais a foutre de son prénom. Elle voulait mourir. Elle faisait de pauvres messes noires avec ses potes, elle invoquait les esprits lors de séances avec sa planche Ouija, tout ce qui touchait aux démons l’intéressait, et elle allait pouvoir toucher un bout de l’immortalité dans pas longtemps.
Si elle savait ….

Pour la première fois, j’ouvris la bouche pour lui décocher un sourire. Elle tenta de me le rendre mais le sien n’avait que l’apparence d’une vieille cicatrice de césarienne ratée.

Elle avait peur.
Et elle avait raison d’avoir peur.

 » – Tu m’as appelé ?, lui dis-je d’un air narquois.

Elle acquiesça.

– Tu veux me suivre ? on part maintenant.

Elle hocha la tête.

Je balançai un billet de cinquante Euro sur le comptoir, la pris par la main et l’emmenai dehors.

L’un de ses potes l’appela, et sans la regarder, je su qu’elle se retourna avec le regard démoniaque de la fraicheur de ses vingt-quatre ans, en lui tendant son plus beau majeur.

Arrivés dehors, nous partîmes à l’opposé des halles, descendant la rue des Lombards vers la Rue St Martin, et dès que je vis le premier hôtel, je rentrai. Elle me suivit, comme électrisée et tout a fait consciente que sa vie allait se jouer là, maintenant ; Et elle aimait ça. Elle ne savait pas si elle allait s’en sortir, mais elle s’en tapait, elle voulait connaitre l’extase, baiser avec le Diable, c’est comme ça qu’on dit quand c’est la Mort qui t’a baisé.

J’ai annihilé toute volonté chez le concierge de l’hôtel pour ne pas qu’il me fasse chier, et on s’est retrouvés dans la chambre 8. J’aime bien le huit. Allongé, c’est le symbole de l’illimité ; la petite aussi, quand elle allait être allongée, elle allait souffrir de manière illimité.

Elle s’est jetée sur moi, sa langue fouillant dans ma bouche, et se déshabillant en même temps. Elle dégrafa les boutons de mon jean, et attrappa mon sexe l’enfouissant au fond de sa gorge. Pauvre petite ; elle ne savait pas que je ne ressens aucun plaisir de la chair dans un corps humain. Je l’attrapai par les cheveux pour la faire se relever, et la jetai sur le lit.

Puis je me positionnai au dessus d’elle, et mon sexe tendu pénétra en elle avec une violence inouïe. Elle cria de plaisir et de douleur en même temps. Elle me regarda, souriante, elle avait tant attendu ce moment.

Ses lèvres rouges s’entrouvrirent et un lâcha :

– Baise moi ! baise moi à mort !

– C’est ça que tu veux ? tu es sure ?

– Oui… Maître !!!!

Je lui souris. A grands coups de reins, je lui labourai le ventre, la faisant jouir trois ou quatre fois. Elle criait, pleurait, riait, puis nos corps devinrent plus violents, elle me griffa, je la griffai, mes ongles créant de longues marques sur ses seins et ses flancs.

Elle était sur le dos, moi a genoux devant elle, je pris ses chevilles dans mes mains et au moment de l’orgasme, le dernier, le plus fort… je l’ai déchirée.

Je l’ai déchirée en deux.

Mon corps de Démon a repris forme, mes bras se sont allongés, et j’ai tiré de toute mes forces sur ses jambes ; je l’ai déchirée en deux, du sexe jusqu’au cou. Je revois encore ses petits yeux qui ne croyaient pas qu’elle était déjà morte. Ça me rappelait la tête qu’avait faite Danton quand on la lui avait ôtée.

Ses tripes, ses boyaux étalés là sur le lit et sur la moquette. Elle gisait étendue de chaque coté du lit.

Déchirée en deux. Comme une simple feuille de papier.

Ça a presque fait le même bruit d’ailleurs.

Elle voulait voir le Diable, elle voulait se vautrer dans la boue sexuelle, elle le regrettait déjà.

je l’entendais hurler dans les ténèbres, revivant pour l’éternité cette seconde de douleur.

je me suis rhabillée apres avoir repris forme humaine.

je n’avais encore jamais porté de corset. Ça m’allait bien.

Je sortis de l’hôtel sans un regard pour le concierge, et retournai au Black Dog.

Le Barman me regarda et me dit :

« – ben t’étais passée où Léa ? Les autres sont en bas. tiens voilà ta bière.

Léa.

C’était moi.

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